ACTE 3 : Le Dégel de la réforme sur l’expérimentation animale, lettre ouverte à Mme Tellier et à son administration 

 

Ce week-end, à la veille du printemps, XR Animal adressait une lettre ouverte à Madame Tellier et son administration pour leur rappeler leur devoir envers le demi-million d’animaux de laboratoire torturés et tués en Belgique chaque année.

Cette action s’inscrit dans la campagne #STOPEXPERIMENTATIONANIMALE qui dévoile la face cachée de cette pratique.

Lettre ouverte à Madame Tellier, Ministre du Bien-être Animal,

et information aux citoyen.ne.s qui s’interrogent sur l’expérimentation animale, subventionnée partiellement avec leurs impôts.


Madame la Ministre,

Par la présente, nous tenons tout d’abord à vous féliciter pour vos initiatives en faveur de l’environnement, de la biodiversité ainsi que des animaux domestiques et sauvages.

Depuis une semaine, nous essayons de vous interpeller, ainsi que votre cabinet, sur les réseaux sociaux et par mail, en ce qui concerne la thématique de l’expérimentation animale. Permettez-nous donc de vous exprimer dans cette lettre ouverte notre profonde déception quant à votre décision de geler la réforme relative à la vivisection. 

À la place, votre administration se contente de penser à monter un groupe de travail pour réfléchir à la question sans préciser l’agenda, ni la composition de ce groupe. Nous vous demandons une action immédiate et la prise d’une position forte !

En 2019, au minimum 493 982 ânes, amphibiens (xénope et autres), chats, chevaux, chèvres, chiens, cochons, cochons d’Inde, gerbilles, hamsters, lapins, moutons, poissons zèbres, rats, reptiles, singes rhésus, souris… sans oublier les « autres » animaux indéfinis (bétail, équidés hybrides, mammifères, oiseaux, poissons, rongeurs, volaille domestique) ont été victimes d’expérimentation animale en Belgique.

Ce chiffre vertigineux ne tient pas compte de tous ceux qui ont été élevés, tués et jetés comme des déchets sans que l’on pratique sur eux la moindre expérience. Tous ces êtres sensibles ne sont-ils pas eux aussi des animaux qui méritent que l’on se batte pour leur bien-être ?  

Nous vous invitons à prendre la mesure de vos responsabilités, en tant que Ministre du Bien-être animal, et à faire preuve de courage politique en refusant de céder à la pression des universités. Votre projet d’Arrêté d’arrêté d’exécution encadrant l’expérimentation animale rejeté avec mépris par ces institutions est pourtant très – trop – modéré. 

En effet, il évoque des méthodes « alternatives » et non « substitutives », c’est-à-dire que cette réforme ne demande même pas l’abolition de l’expérimentation animale.

Nous dénonçons :

le déni de démocratie : les universités rejettent le débat avec les citoyens et avec les scientifiques opposés à l’expérimentation animale qui proposent des méthodes de substitution. Il va de soi que les scientifiques des laboratoires ne peuvent être à la fois juge et partie.

l’omerta : les informations sensibles (financement et but précis des recherches, nombre réel d’animaux utilisés ou pas… ) restent bien confinées. A quand une enquête neutre et des chiffres transparents ?

le chantage émotionnel : par exemple, l’argument qui voudrait que nous devions sacrifier des animaux pour sauver des enfants cancéreux tient de la propagande. Derrière cette rhétorique mensongère se cache une tout autre réalité : 2% seulement de la recherche fondamentale sont dédiés aux enfants cancéreux, sans aboutissement concret encore.

l’aberration de recherches mortifères : des expériences sont pratiquées pour que davantage d’animaux puissent survivre aux conditions misérables de l’élevage intensif, alors que ce sont précisément ces conditions qui les rendent malades. Sans oublier les effets désastreux de ce type d’élevage sur la déforestation, le réchauffement climatique, la perte d’habitats naturels pour les animaux sauvages, ainsi que le risque de nouvelles zoonoses pandémiques.

les enjeux financiers cachés de l’expérimentation animale. Celle-ci est un outil pour l’enrichissement de grosses industries polluantes, en facilitant la mise sur le marché de leurs nouveaux produits. Elle leur permet également d’orienter leurs résultats pour semer le doute lorsqu’un danger sanitaire et/ou écologique est révélé.

l’absence de remise en question d’un milieu universitaire conservateur : le nombre d’expériences provoquant chez les animaux de laboratoire des douleurs sévères augmente, alors que des méthodes substitutives existent ou sont en cours de développement. Ce manque de volonté et d’ouverture à de nouvelles technologies ne serait-il pas lié à la faible proportion de subventions pour les méthodes substitutives ? Ces dernières donnent pourtant des résultats prometteurs, comme le démontre l’actualité récente : des chercheurs israéliens ont mis au point un médicament contre le cancer sans effectuer d’expérimentation animale, grâce à la technologie de l’organe sur puce. 

Vous constaterez, Madame la Ministre, que nous vous faisons grâce d’un descriptif détaillé de toutes les tortures subies par de très nombreux animaux dans les labos. Or, la question de l’éthique devrait à elle seule vous donner le courage de vous dresser contre les universités.

Nous vous demandons d’étendre la considération que vous portez régulièrement aux animaux sauvages et domestiques à tous ces êtres sensibles qui souffrent gravement de l’expérimentation animale et, en conséquence, de dégeler la réforme relative à l’expérimentation animale  !

Espérant avoir été entendus dans notre demande, nous vous remercions d’avance pour l’attention que vous accorderez à la présente et vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’assurance de notre considération la plus distinguée.

Le Collectif XR Animal

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